La motte féodale, première découverte.



12 Janvier 2008
 

La découverte. 

 Une lourde pierre obstruait la cheminée d'aération L'orifice de la cheminée d'aération



    







          


Le 12 janvier 2008, avec l'aide du G.I.E.O.S. (Groupement d'Intervention & d'Etude d'Ouvrages Souterrains) nous descendions une caméra à 10 mètres de profondeur, dans la cheminée en grés auparavant mise à jour. Des écrits anciens nous apprenaient déjà ce que la caméra a confirmé (Docteur Alexis QUILLART 1906 et une enquête sur les souterrains réalisée en 1944). Ces écrits avaient d'ailleurs été corroborés par quelques anciens du village, qui ont connu l'édifice au temps où il était encore accessible. Sous l'éclairage d'un spot de 300w, nous est apparue une cave voûtée en pierres taillées, dont la grande partie est en bon état. La cheminée par laquelle nous avons descendu la caméra est une cheminée d'aération puisqu'elle n'aboutit pas dans un foyer. La pièce orientée sud/est - nord/ouest, est voûtée sur environ 10 m de long et approximativement 5 m de large. Sa hauteur peut-être estimée à 2,5 m. Le coté Est, (côté église) est fermé par un mur toujours en pierres de taille et comportant une petite niche. Les côtés nord et sud constituent la voûte, le côté sud étant plus endommagé que le nord. Le côté ouest est percé à hauteur de la voûte d'un arc en plein cintre en pierres, constituant le départ d'un escalier. En atteste une coulée de remblai qui emplit totalement la hauteur de l'ouverture et s'étale sur 2 ou 3mètres à l'intérieur de la pièce. Ce remblai s'est donc déversé par le haut et a obstrué l'accès. Est-ce la voûte de l'escalier qui s'est effondrée ? Est-ce  par mesure de sécurité que l'on a volontairement déversé ce remblai ? L'avenir nous le dira. Bien que les anciens nous affirment que l'accès (dangereux)  à la cave était encore possible après 1945, toujours est-il que l'isolement créé, aussi bien par l'obstruction de la cheminée que par l'escalier d'accès, a permis une conservation idéale du site jusqu'à nos jours. Rappelons que ce qui nous intéresse ici a pratiquement 1000 ans d'histoire. Ceci nous amène à une réflexion sur le mode opératoire pour la mise à jour de ces vestiges et leur mise en valeur.


Descente d'une caméra et d'un spot dans la cheminée d'aération.La salle apparue à 10 m sous terre.









Le fond de la salle découvert par la caméra



Dessin en coupe, de principe, de la position de la salle.


Mode opératoire de la réhabilitation de la motte féodale.

L'action de l'association du 12 janvier dernier nous a conforté dans l'intérêt que nous portons à la motte féodale. Monsieur Jean Luc COLLARD (conservateur régional de l'archéologie, DRAC Picardie) que nous avons contacté, nous a mis en garde sur une intervention inconsidérée de notre part. Ouvrir et mettre à jour sans précaution cette cave mettrait en danger son intégrité. Pollution, humidité, écoulement des eaux par l'excavation pratiquée, endommageraient irrémédiablement l'ouvrage. Sans compter la malveillance, (pour mémoire la disparition du contrefort du château mis à jour par un groupe de jeunes en 1976). Autrement dit, inutile d'ouvrir cette salle si l'on n'a pas la volonté dans les années à venir de l'exploiter culturellement.  L'association préconise donc, comme elle l'a déjà dit à maintes reprises, qu'avant toute action, un travail de réflexion soit entrepris. Relevé topographique ; étude historique du site ; plan d'intervention archéologique ; plan de mise à jour de la salle souterraine et du puits; plan de mise en valeur. Ce travail, originairement prévu par un organisme habilité (architecte des monuments historiques) semble à ce jour trop onéreux à supporter par l'association et la commune. Nous projetons l'organisation d'une table ronde avec des intervenants intéressés et parties prenantes d'une telle réalisation. (Conseil Général, Conseil Régional, Direction Régionale des Affaires Culturelles de Picardie, Groupement d'Intervention & d'Etude d'Ouvrages Souterrains, ainsi que toute autre bonne volonté.)   

Ce n'est qu'à l'issue de cette table ronde et de ses conclusions que nous aurons alors une vue d'ensemble de toutes les actions possibles à entreprendre et notamment des différentes étapes d'avancement des travaux de réhabilitation du site. Nous pourrons alors les planifier dans le temps, même si nous devons les étaler sur plusieurs années. L'engagement formel de la commune, propriétaire des lieux est nécessaire avant toute action.  

En attendant que toutes ces conditions soient réunies, l'association peut continuer ses actions de nettoyage, d'entretien du site et de récupération de tout élément à caractère historique. Je pense notamment aux nombreux grès, pierres ou autres  matériaux qui pourraient être réutilisés dans la réhabilitation de l'escalier, de la margelle du puits etc... Après que la commune ait exprimé clairement sa volonté de restaurer la motte castrale sur les bases que nous venons de développer, l'association s'engage à entamer toutes les démarches nécessaires : autorisations, financement, suivi des travaux pour mener à bien ce sauvetage valorisant pour notre village.


A.D.