fouilles du 3 mai au 12 uin 2010



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LES FOUILLES DU 3 MAI AU 12 JUIN 2010


Présentation des résultats de la fouille programmée

de la motte castrale de Toutencourt du 3 mai au 12 juin 2010

* Le dossier complet est consultable en mairie *


(Extraits du texte publié dans notre bulletin N°17 de décembre 2010.)

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Textes de Richard Jonvel - Dessins de Lucie Jeanneret - Mise en page Alain Demailly 

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  Une opération archéologique est constituée de deux étapes. La première est la phase « terrain ». Elle mobilise plusieurs archéologues spécialisés ou en formation. 

Pour la deuxième étape, cette équipe de terrain est complétée par une équipe scientifique composée de spécialistes qui interviennent après la fouille. Pour Toutencourt, elle se compose d'une céramologue, d'un numismate (monnaies), d'un archéozoologue (os animaux), de spécialistes du métal et du verre pour le traitement du mobilier. Elle est renforcée par les compétences d'un géographe et d'un géologue.


Présentation du site

C'est en montant par la rue dite « La Chaussée » que l'on atteint, en lisière du bois, le centre historique du village composé de deux entités. La motte castrale, avec une partie de l'enceinte de la basse-cour, se situe à une cinquantaine de mètres au nord (93 m NGF) de l'église Saint-Léger (XVIe siècle), les deux étant séparés par un chemin forestier qui porte le nom de « chemin de Toutencourt à Hérissart ». Nous sommes donc en présence d'un complexe « motte - église », typique du village médiéval, avec un pôle seigneurial et un centre paroissial constituant le centre de cristallisation du pouvoir dans ce village.

Constituée d'une plate-forme d'une trentaine de mètre de diamètre, la motte castrale est entourée d'un profond fossé de 5 à 6 m, large entre l'escarpe et la contrescarpe de 15 m avec un fond plat de 2 m de large. Seul, le chemin d'accès à la plate-forme sommitale, constitué d'une importante levée de terre, vient barrer ce fossé du côté du village. 

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Etude généalogique


Les recherches en archives au cours de l'année 2009 ont permis de déterminer que la seigneurie de Toutencourt relève de la châtellenie d'Authie, village situé à une dizaine de kilomètres au nord de Toutencourt. Cette châtellenie appartient à un groupe de biens géré par l'avoué (laïc défendant le temporel d'un abbé ou d'un évêque) de Saint-Riquier (Ponthieu).

La première personne à porter le nom « de Toutencourt » est une femme. En 1135 nous apprenons que Robert Fritel, seigneur d'Humbercourt est le mari d'Agnès de Toutencourt. La parenté de cette femme n'est pas renseignée par les sources. Il est donc impossible de savoir si elle est dépositaire de la seigneurie de Toutencourt ou si c'est une cadette de la famille de Toutencourt. On ne peut que constater qu'elle est mariée avec un homme très puissant puisque Robert Fritel est issu d'un lignage qui a été prévôt à Hesdin au début du XIIe siècle.

Jusqu'en 1337, la seigneurie de Toutencourt reste dans la même famille. C'est à la mort de Jean de Toutencourt que cette branche tombe en quenouille. A partir de ce moment, la seigneurie de Toutencourt passe, toutes les deux générations, à une nouvelle famille.

A l'orée du XVIe siècle, tout change. Une famille picarde récupère la seigneurie et s'installe pendant un siècle au château de Toutencourt (famille d'Ailly, branche des Varennes). La recherche historique n'a pas permis pour le moment de savoir quand le château est détruit. La fouille révèle que les bâtiments présents sur la plate-forme ont fait l'objet d'une récupération programmée.


Pour résumer, le château de Toutencourt a connu deux types d'occupation. Du XIIIe au début du XIVe siècle ainsi qu'au XVIe siècle, la forteresse est la résidence principale des seigneurs de Toutencourt. A l'inverse, pendant la guerre de Cent Ans, le site est une possession secondaire où ne réside que l'administration seigneuriale. C'est de nouveau le cas au XVIIe siècle. Le XVIIIe siècle marque l'abandon du château sans que l'on sache à quel rythme la destruction du château s'effectue.

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Synthèse des résultats archéologiques.

 

Evolution du site par phase.


Phase 1 (XIe - XIIe siècle ?)   : L'enceinte et la tour.


Phase 2 (XIIe - XIIIe siècle)   : Extention de la tour.


Phase 3 (XIIIe - XIVe siècle)   : Bâtiment avec cheminée et peut-être four à pain ?  


Phase 4 (XVe - XVIe siècle)   : Nouveau bâtiment avec deux caves.


Phase 5 (fin XVIe - XVIIIe siècle)   : Destruction. 


Quelques images de la fouilles.  


 
La base de la tour en grès.



 

L'un des contreforts, qui maintenait la tour dans le fossé. 

 


 
Une vue d'ensemble de la fouille.

 


 
Un autre aspect de l'un des contreforts qui maintenait la tour. 

 


 

L'une des caves mise à jour. La voute cintrée en pierres s'est effondrée.

 



 

Une partie de l'équipe de fouille.

 



 

La base de la tour. On aperçoit un départ de voute à droite et à gauche.

 L'autre partie reste à découvrir dans la pente du fossé. 

 



Un aperçu général de toutes les structures mises à jour. Essentiellement

les sous-bassements de tous les murs soutenants les batiments

de différentes époques.